HISTORIQUE 

Qu’est-ce qui a fait que l’homme est devenu homme ?
Quel serait l’événement qui a fait la différence ?
La conquête du feu ?
Les rites mortuaires ?
Le rapport sexuel en position frontale ou tout simplement le sexe ludique ?
Le langage ?
Les coiffures en rastas ?
Les jeux de balles ?
La nourriture cuite ?
La cuite tout court, bref l’alcool ?
Le couple pour la vie et les mouflets que l’on reconnaît jusqu’au dernier jour ?
… (vos propositions sont les bienvenues pour continuer la liste, sérieuses ou pas)

En ce qui me concerne, il y a une anecdote qui me plaît beaucoup : j’aime imaginer le premier de nos ancêtres qui, au fond d’une grotte et à la lumière d’une torche, a trempé sa main dans une bouillie de pigments de sa préparation et l’a plaquée ensuite d’un geste décidé, bras tendu vers la paroi de pierre, l’a maintenue quelques secondes et l’a retirée pour laisser apparaître cette empreinte sans équivoque : une main d’humain –(à lire dix fois de suite très vite)-.
Une trace qui crie : « je suis là ! »…Et ce signe témoignera de mon passage longtemps après ma mort.

Mais bien avant cela, il était une fois une famille d’hominidés, un couple et un enfant, qui marchaient sur les terres d’Afrique de l’Est, à la recherche qui sait, d’un abri ou de nourriture ? Leurs traces, figées dans les sables pétrifiés de LAETOLI, sont parvenues jusqu’à nous. Elles datent de plus de trois millions d’années.

An 1999 de l’ère chrétienne, Belgique, Paulo et sa femme, couple anonyme et sans histoires –pour l’instant !- attendent leur troisième enfant. Mais cette grossesse n’est pas comme les autres. Le papa rêve qu’il est enceint et qu’il donne des conseils aux autres mamans enceintes pendant le cours de kiné prénatale sur comment respirer pendant les contractions, lui le grand expert. Pendant la journée, il est très agité. Il se pose des questions et finit par conclure qu’il est manifestement en train de faire une grossesse psychologique ! Une seule solution : accoucher aussi…mais de quoi ? ? ? Après réflexion, la libération surgit : il va accoucher …d’un livre !


Défi est lancé à maman et dans le même mois que la naissance de « number three », le livre des « Jets d’Encre », lui aussi, sort de l’imprimerie.

Aaah, quel soulagement, quel plaisir de recevoir ces caisses contenant plusieurs dizaines de ce petit pamphlet tout rouge. Les « Jets d’Encre » sont arrivés, 333 courtes réflexions iconoclastes sur le monde d’aujourd’hui, pondues par un père fébrile et essoufflé.

Pourquoi le titre « Jets d’Encre » ? car mis à part l’illustration du style choisi des petites phrases, il ne préjuge en rien de la qualité ou du sérieux de l’écrit, évitant ainsi toute appellation probablement prétentieuse dans ce cas comme aphorismes, pensées, maximes, proverbes, ou autre…

Le choix du nom de LAETOLI pour la maison d’édition se veut à la fois une sorte d’hommage à nos ancêtres anonymes sus-mentionnés, mais aussi un clin d’œil : je laisse, en cette fin de vingtième siècle de l’ère chrétienne –(le livre a été écrit en 1999 – 2000 à l’exception d’une cinquantaine d’extraits plus anciens)-, mes modestes traces sous ce même nom.

Voilà, comme cela vous en savez un peu plus sur la genèse de tous ces délires…

Paul CARVEL
Bruxelles, 18 mai 102.001 de l’Ère humaine.
(pour explication de la date, voir jet d’encre numéro 181)